Eduardo faisait calmement tinter les glaçons dans son verre de Caïpirinha, quand il me questionna dubitatif, les cordes vocales agressées par les vapeurs d’alcool. Dis-moi : Une terre finie, peut-elle supporter un projet infini ?

Je restai un instant dans le silence de l’isolement et je conclus que l’alcool commençait à avoir un effet particulier dans ce bel esprit brésilien. Mais, que l’oxymore est agréable lorsqu’il m’entraîne au bout de la terre, au bout de cette sphère perdue dans un infini méconnu.

Sur elle, minuscules particules humaines, se meuvent dans cette obscure clarté qui tombe des étoiles, pour inventer mille et mille projets desquels naîtront d’autres milliers de projets qui dans leur infinité porteront un futur que l’on peine à percevoir. Et comme le dit avec délicatesse Monsieur Léonardo Boff, un jour viendra où les projets de l’homme auront détruit les hommes en les rendant malades et fragiles. Mais la terre, elle, continuera sa course, tranquille, désencombrée des perversités humaines.

 

© Pierre Delphin